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Il y a la cigarette qui se consume.
Sur le bord de la table.
Le café est trop chaud alors il attendra que mes lèvres sournoisement échaudées
veuillent bien encore se frotter à la blancheur de la tasse
Parce que l'air de rien, ça fait mal.
En attendant, il attendra.
En faisant voler sa fumée.
Et moi
J'ai mal à la tête.
L'air doux s'incruste par la fenêtre
Et vient tout doucement, tel une caresse
Réveiller comme il le peut mon visage
Mes yeux me chatouillent
C'est ennuyant.
Dans deux minutes environ
Je serai complètement réveillé
Mais en attendant mes paupières restent closes.
En attendant, mes mains tâtonnent.
L'une cherche du doigt un couteau tandis que l'autre tente de trouver le sachet du pain.
En pyjama, et assis à ma table, je suis inconscient de ce qui se passe à l'extérieur
Et c'est pas si mal que ca.
Mes oreilles entendent et transforment en images ce que mes yeux ne peuvent pas voir.
La rue a déjà commencé à s'animer
J'entends des pas tandis que ma main droite a trouvé le pot de nutella.
Des pas d'enfants qui courent quelque part
Surement pour un trésor ou un Cap ou pas Cap.
Tandis que ma main gauche armée du couteau répand le chocolat
J'entends la musique de la vieille radio du voisin et un bruit de voiture qu'on démarre.
J'entends, j'écoute et j'entends encore.
Et puis j'imagine. Et les images dansent.
Ma tartine est finie.
J'approche de ce que je crois être mes lèvres le Trésor d'un instant
Et me barbouille le visage.
Je comprends à présent que les mains ne peuvent totalement remplacer le regard
Mais je m'obstine, je n'ouvrirai pas les yeux. Il suffira d'un deuxième essai.
Le Trésor se rapprochent à nouveau de mes lèvres.
Et puis soudain un bruit de chute.
Un bruit de pleures.
Ma main s'arrête.
La tartine aussi.
J'attends, un peu.
Guettant, inquiet , les murmures de la rue.
Mais bientôt, les pleurs s'achèvent.
Les pas reprennent dans la ruelle.
Soulagé, je laisse mes lèvres emprisonner le pain.
L'odeur du café et de l'été se mêlent alors
Tandis qu'enfin le gout de chocolat envahit mon matin.
O